lundi 10 mai 2010

Nos agates

- Je peux être les Américains cette fois? demande-je à mon grand frère.

- Non ! Lorsqu’on joue ensemble, je prends les Américains, et toi les Allemands.

- Pfff… d’accord, mais j’aurai droit à plus de billes alors. Ma requête reste sans réponse.

Débordante imagination chaque vendredi matin : les billes servaient à imiter obus et bombes. Après ne pas nous être mis d’accord, nous déversâmes le contenu de trois grandes boîtes de plastic sur la moquette bleue de notre chambre et commencions à faire le tri parmi soldats allemands de couleur grise et soldats américains de couleur verte. Parfois, j’espérai que notre moquette soit verte, afin de représenter au mieux les campagnes d’Europe, ou jaune afin d’imiter les contrées désertiques d’Afrique du Nord… mais cela n’aurait pas été du goût de ma mère.

Les couvertures assez épaisses de nos lits servaient à faire des montagnes et autres grottes où des soldats de la Wehrmacht tendraient un piège aux Marines de mon frère ayant débarqués en Normandie. Nos tables de nuit servaient de bunker et nos bandes dessinées de tentes. Ma tactique nulle était inspirée du cinéma de guerre américain dont mon père était friand, Anzio, Dirty Dozen ou Les Canons de Navarone.

Nos chars et fantassins avaient des tailles disproportionnées. Nous préparions avec beaucoup de soin nos camps respectifs, voués à être « billés » par notre lot d’agates.

La partie commence. J’ai l’impression, comme a chaque fois, que mon frère a deux fois plus de billes que moi et d'être foudroyé par une force mécanique supérieure... Mes soldats tombent un à un et je commence à m’énerver. Chacune de nos parties se solderait de toute façon par une dispute à propos duquel de l’un ou de l’autre l’avait remporté, celui ayant perdu la partie devant ranger la chambre… ou le plus jeune, ce qui n’était pas prêt de changer.

Je me consolais en pensant que finalement les gentils de l'epoque avaient gagné et que le nouvel ordre qui s’installerait sur notre chambre ouvrirait une période de paix et de prospérité… jusqu'à la prochaine partie de ce genre.

3 commentaires:

david a dit…

chez moi, c'est la même chose avec les Playmobils: mon frère avait les gentils cowboys et moi les méchants indiens... et la permutation était non négociable.

unique font a dit…

hola! como estas?
warm greeting from font lover 0_0

Colette a dit…

J'ai vraiment la nostalgie de ce bon vieux temps ou vos gazouillis,discussions,enervements,etc..... Je vous revoie 7 vous entend d'ici entrain de jouer...